janv. 18, 2008

121. "Plaidoyer pour les requins" de Bruno Beauverger



Trailer: SharkWater

*Texte de Bruno Beauverger (Monde Bleu)*

Les requins génèrent bien souvent chez nous une angoisse indicible. Pour peu qu'il s'aventure un peu trop près des plages et celui-ci fait immédiatement la une des journaux télévisés sans pour autant affirmer s'il s'agit d'une espèce potentiellement dangereuse pour l'homme.
On savait les requins particulièrement vulnérables à la surpêche qui sévit partout dans le monde, mais rien ne vaut des chiffres pour prendre conscience de l'ampleur du désastre à venir. Dans 100 ans, nos générations futures pourraient fort bien se contenter de regarder certaines espèces de requins derrière le hublot d'un aquarium à défaut de les rencontrer en pleine eau.

Je vous laisse imaginer ce qui se cache derrière ces chiffres.

- 100 000 000.
- 800 000.
- 50 %.
- 470.
- 500 $.
- 75 000 $.
- 25 000 000.

Ces chiffres sont effarants et préoccupants (vous le verrez un peu plus loin), surtout pour l'avenir des populations de requin dont certaines espèces comme les requins taupes ont disparu à 90 %, c'est une certitude scientifique maintenant. Les moratoires sur la pêche aux requins se succèdent, des espèces sont inscrites sur des listes rouges d'espèces en danger ou voie de disparition comme le Grand Blanc, mais des pays continuent ouvertement la surpêche des requins. En contre partie, la rétribution perçue du commerce des ailerons est en effet considérable pour des pays pauvres la plupart. C'est la conséquence de l'industrialisation de la pêche depuis les 30 dernières années et d'une forte demande sur le requin à partir des années 90. Le pillage des océans se réalise à grandes échelles et tranquillement sous nos yeux. Le requin est en situation de crise mais ceci est à replacer globalement dans le contexte de la raréfaction des ressources halieutiques plus préoccupant pour l'homme à long terme. Ces pays pauvres qui entrent dans l'engrenage du commerce des ailerons seront les premiers à en pâtir.

L'eldorado est éphémère !

Le constat est alarmant et si rien n'est fait concrètement sur le terrain, les grandes populations de requins risquent fort bien de disparaître au courant de ce siècle.Que faire me direz vous ? Les pouvoirs publics occidentaux ont un rôle fondamental à jouer dans la régulation de ces espèces marines mais à la seule condition de s'en donner les moyens.
Car il faut aussi savoir que parmi les dix principaux pays pêcheurs de requins, quatre sont européens : l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Portugal.

Des solutions ?

Les activités suivantes ont une incidence particulière sur la population décroissante des requins :

----------La pêche sportive ou commerciale.
Il arrive que des campagnes sont menées pour tuer les grands blancs, souvent suite à des attaques, mais aussi lorsque celui-ci gêne la pêche. Il faut savoir aussi qu'ils sont chassés pour leurs dents, leurs mâchoires ou encore leurs ailerons.

----------Le déclin de l'abondance des proies.
L'homme pêche de plus en plus en grande quantité et avec des moyens plus performants mais plus dévastateurs aussi pour la faune océanique. Les requins doivent faire de plus en plus de chemin pour trouver leurs proies, et ont plus de risques de se prendre dans des filets ou de longues lignes.

----------La pose de filets de protection des plages.
Une fois pris dans un filet, le requin n'a plus beaucoup de chance, par exemple, il ne faut pas oublier que le grand requin blanc doit impérativement se déplacer à 3,5 km/h pour donner l'oxygène nécessaire pour vivre.

----------La dégradation de l'habitat.
On suppose que la croissance de population humaine sur les côtes entraîne la dégradation d'importants lieux de reproduction et d'alimentation de l'espèce.

Les réponses aux chiffres, maintenant :
- 100 000 000, c'est le nombre de requins pêchés estimé chaque année.- 800 000 tonnes, ce que représente le commerce mondial des ailerons chaque année, principalement à destination des pays asiatiques qui ont fait exploser la demande, très friand de la soupe d'aileron.
- 50 %, correspond au déclin des populations de requins dans le monde au cours des 8 à 15 dernières années.
- 470, le nombre d'espèces de requin concerné par ce déclin.
- 500 $, c'est la somme astronomique pour 1 kilo d'aileron sur le marché asiatique.
- 75 000 $, le prix estimé pour une magnifique mâchoire de requin.
- 25 000 000, le nombre potentiel de chinois qui aspire à manger de la soupe d'ailerons.

Le requin suscite la crainte, la peur, parfois l'émotion au tournant d'une rencontre qu'il est vrai à dire il ne laisse jamais indifférent. Il reste tout de même l'un des plus grands prédateurs des océans et pourtant forcé de constater que même cet animal au physique acéré est sérieusement menacé. Ces indices qui témoignent d'un déclin important des populations de requins doivent impérativement faire réagir nos organisations internationales. Aujourd'hui, elles n'affirment aucune volonté de protéger certaines espèces en déclin dangereux pour leur reproduction comme le Grand requin blanc notamment cité parmi les 10 animaux les plus menacés de la planète, toutes espèces terrestres et marines confondues. Seules cinq espèces sont qualifiées de dangereuses compte tenu de leur taille et de leur régime alimentaire : le requin tigre (Galeocerdo cuvieri), le requin blanc (Carcharodon carcharias), le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) le requin mako (Isurus oxyrinchus) et le requin longimane (Carcharhinus longimanus Enfin sachez que pour un requin tigre capturé, il faut en moyenne 20 ans pour qu'un autre le remplace avec le même statut (taille, âge) !

Les initiatives de certains pays à saluer:

L'Afrique du Sud a été le premier pays à établir une protection nationale du grand requin blanc en interdisant de le tuer intentionnellement ou de le vendre. La Namibie a suivi en 1993, la Californie en 1994 suivie par la Floride et aux Maldives.
En 1997, l'Australie a classé le grand blanc comme vulnérable en application de la loi sur la protection des espèces menacées. Il est classé vulnérable aussi au titre de la législation sur les espèces menacées de Nouvelle-Galles du Sud, de Tasmanie et de Victoria.
La Nouvelle-Zélande interdit la pêche commerciale ciblée sur le requin blanc mais elle autorise la vente de requins s'il s'agit de prises incidentes.L'Afrique du Sud travaille actuellement sur plusieurs projets de recherche dans certaines régions dans le but de mieux comprendre le taux de mortalité et la taille de la population du Grand Blanc.

Dernièrement, le gouvernement de Polynésie Française a enfin voté une loi pour protéger les requins de Tahiti et ses iles.
A l'origine, tout est parti d'une pétition lancée par l'association Longitude 181 suivie par les amoureux de lamer, clubs de plongée, associations... et adressée au président de la Polynésie Française.
Les Polynésiens, tirant une grande partie de leurs ressources du lagon et de l'océan, ont très vite côtoyé, reconnu et respecté les différents types de requins. Impressionnés par la pureté et lapuissance de cet animal, les anciens ont honoré et vénéré le requin, vu tour à tour comme un confident, un protecteur et parfois la réincarnation d'un être cher disparu en mer.

Une note positive tout de même!

Une équipe de scientifiques de Conservation International vient de découvrir 50 nouvelles espèces marines dans les réserves marines entourant la "tête d'oiseau" de Papouasie, qui est en fait l'extrémité Nord-Ouest de la Nouvelle Guinée.
Selon les chercheurs de cette organisation américaine, la région qu'ils ont explorée pourrait être la plus riche de la planète sur le plan de la biodiversité. Cette zone, plus vaste que la Grande barrière de corail d'Australie, héberge de très nombreuses espèces de poissons, de coraux, etc. dont certaines seraient endémiques et parmi lesquelles 52 nouvelles espèces ou sous-espèces exactement ont été identifiées.
Parmi celles-ci, une nouvelle espèce (ou sous-espèce) de requin chabot (épaulette shark en anglais) qui se déplace en "rampant" à l'aide de ses nageoires pectorales.

Le petit nombre de décès dus aux requins et leur caractère accidentel, entre 57 et 78 attaques de requin non provoquées par an (statistiques. ISAF entre 2000 et 2004) dans le monde entier. Dans les années 90, 12.7 % ont eu des conséquences mortelles contre 8.9 % de 2000 à 2004, cela ne légitime en rien la réputation de mangeur d'hommes. En résumé, la tendance est à une augmentation annuelle des attaques mais avec moins de conséquences mortelles.

Le massacre doit donc cesser.

19:09 Écrit par "aGua" dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, requin, video, creature aquatique |  Facebook |

sept. 13, 2007

103. On continue avec "un peu de bonheur..."

Et voici une autre petite vidéo histoire de passer le temps!


Attention Frissons! J'exagère... un peu:




SharkWater: (Vous devez avoir du temps devant vous car il y en a pour +-1h30)









sept. 12, 2007

102. Comme promis... "Un peu de bonheur..."

Voici une petite vidéo agréable.
J'ai choisis cette vidéo car j'aime bien la musique et puis elle m'a fait rire.

Bonne vidéo! ;-)
Ps: Une suite est prévue pour demain!


22:26 Écrit par "aGua" dans Le monde aquatique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : video, creature aquatique |  Facebook |

juil. 17, 2007

91. Faune dans les eaux profondes

Alors que l'on pensait que dans les profondeurs de la mer de Weddel la faune était pauvre Angelika Brandt a annoncé que 674 espèces de crustacés, dont 585 inconnues, ont été pêchées entre 748 et 6348m de profondeur, sans compter 200 espèces de vers polychètes, dont 81 nouvelles.
De plus, on peut rajouter 160 espèces de gastéropodes à coquille et de bivalves, et 76 espèces d'éponges.
Entre 2002 et 2005, des scientifiques ont recensé plus de 700 espèces nouvelles.
Liens: Nouvelles espèces
>Source: Apnéa
Nouvelle Espèce

18:28 Écrit par "aGua" dans Le monde aquatique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : creature aquatique |  Facebook |

déc. 14, 2006

60 - Grand Dauphin

Il est temps, je pense, de parler du Grand Dauphin.
Il est d'ailleurs étonnant que je n'ai pas encore parler de dauphin jusqu'à maintenant.
Dans l'univers des cétacés il y a une panoplie de Baleines (bleues, blanches, grises, à bosses, à bec...), de marsouins (...) et de dauphins (...). Ils représentent plus de quatre-vingt espèces de cétacés peuplent les mers et les océans. Ils sont tous des champions de la plongée sous-marine, certains meilleurs que d'autres pour la profondeur ou la vitesse...

J'ai décidé de vous parler du Grand Dauphin (Tursiops truncatus) parce que c'est l'archétype du dauphin. C'est un mammifère cétacés odontocètes (cétacé à dents). Il est présent dans les eaux tempérées à tropicales de tous les océans de la planète. C'est une espèce particulièrement sociable, certains ont même développé une forte complicité avec l'homme. Il n'a pas peur d'approcher baigneurs et bateaux.
C'est une espèce particulièrement douée pour les sauts, les bonds, le surf d'étrave et battements de queue.
Lorsque l'on pense au "dauphin" c'est souvent à lui que l'on pense car c'est le héros de la série télévisée Flipper.

Pour ce qui est de ses caractéristiques:
Généralement gris il présente une coloration plus claire au niveau du ventre, exhibant un bec court bien marqué, un aileron dorsal falciforme proéminent et des nageoires pectorales élancées.
Taille: Mâle 2,40-3,80 m, femelle 2,30-3,70 m, à la naissance 70cm et +.
Il se nourrit de poissons, céphalopodes et invertérés.
On le retrouve dans les eaux cotières et en haute mer, comme je l'ai déjà dis dans les eaux tempérées à tropicales de tous les océans.
Il a été peu étudié, on en retrouve assez bien même si certaines populations sont menacées. Mais comparé à d'autres espèces de cétacés il a encore de la chance... (cela ne devrait pas être de la chance).

Il a tendance à retourner dans les mêmes zones d'une année à l'autre. Les femelles et les jeunes restent unis évoluant dans des eaux plus nourricières. Par contre, les mâles peuvent se dissocier de leur groupe en vieillissant. Il n'est pas rare de retrouver un mâle fréquentant des groupes de femelles d'une communauté voisine.
Par rapport aux autres cétacés, il est opportuniste, s'adaptant aux circonstances. Seule l'orque montre de telles aptitudes.
Ils ont une technique de chasse collective spécifique: ils rabattent les poissons vers le rivage et s'en saisissent en roulant sur la plage, complètement hors de l'eau. D'ailleurs certains pêcheurs les sollicitent pour encercler et rabattre le poisson.Ex: Au sud de l'île Santa Catarina quelques 200 Grands Dauphins aident toute l'année les pêcheurs à rabattre le poissons dans les filets. En échange, ils prélèvent dans le feu de l'action leur quote-part de la prise. En 1993, le lagon de Laguna fut classé sanctuaire écologique pour dauphins.
Evidemment tout ceci n'est qu'un faible résumé sur cette espèce mais cela me prendrait beaucoup trop de temps à tout expliquer et puis je n'en connais sûrement pas assez.
Pour les autres cétacés je vous en parlerai une autre fois. L'avantage de parler de la plongée en apnée mais aussi de la mer, des océans et de toutes les créatures qui y vivent c'est que j'aurai toujours quelque chose à raconter... mais pas assez de temps pour le faire!!! ;o)


Grand dauphin Grand Dauphin3 Grand Dauphin5 Grand Dauphin 2 Grand Dauphin 4