mars 11, 2010

La peau du requin

requin peaupeau








On va ENCORE parler de requin! Et oui. Mais vous savez déjà que je ne vais pas être long. Je sais que c'est très ennuyeux de tomber sur un blog avec des articles qui n'en finissent pas. Et mon dernier article, aussi intéressant soit-il, était assez long.

Je vais donc vous parler du requin mais plus spécifiquement de sa peau!
A première vue, la peau du requin paraît douce mais si vous pouviez la toucher en toute sécurité, évidemment, vous découvririez que sa texture ressemble à celle du papier de verre. Elle a d'ailleurs, par le passé, été utilisée comme tel.
La rugosité de la peau n'est perceptible que quand on passe sa main "à rebrousse-poil" de la queue vers la tête.

Quels avantages le requin retire-t-il de ses minuscules écailles rainurées?
On peut en citer deux. Tout d'abord, elles facilitent l'écoulement de l'eau, ce qui permet au requin de se mouvoir avec une résistance minimale. Ensuite, elles bougent tandis que le requin nage, faisant de la peau une surface instable, sur laquelle les parasites ne peuvent s'installer.

Comme on le sait la science puise continuellement dans la nature afin "d'améliorer" notre quotidien. En quoi la peau de requin pourrait bien être utile aux scientifiques?
Les propriétés de la peau du requin offrent un large champ d'applications. Citons l'exemple de cette combinaison dont la texture extérieure, inspirée de celle de la peau du requin, augmente la vitesse des nageurs d'environ trois pour cent. Et d'après les scientifiques ces propriétés pourraient être appliquées à la conception de voitures et de bateaux présentant une moindre résistance au frottement (tout d'un coup,e je repense au Poisson-Coffre et à la Bionic Car de Mercedes).

Des chercheurs espèrent également exploiter les propriétés prophylactiques de la peau de requin pour fabriquer un revêtement antimicrobien destiné aux bateaux, plus écologique que les peintures antiparasitaires à base de métal. Parmi les autres applications envisagées, citons des produits et instruments médicaux susceptibles de réduire les risques d'infections nosocomiales.

J'ai cité plus haut deux avantages que le requin retirait de sa peau mais on peut également ajouté ses minuscules écailles rainurées qui le préservent en partie des morsures infligées par d'autres requins, par exemple celles des mâles sur les femelles lors de l'accouplement.(Fait beaucoup moins scientifique, la peau de requin peut être tannée ce qui donne un cuir de qualité appelé galuchat.)

Toutes ces créatures maritimes, petites ou immenses ne cesseront jamais de m'impressionner. Tout ce que l'homme trouve la nature y avait déjà pensé.

Peau de requin







Source: Awake! Février 2010 p.10 La peau du requin; http://www.savoirs.essonne.fr/; http://pagesperso-orange.fr/hibiscustour/requins.htm

P.226

janv. 18, 2008

121. "Plaidoyer pour les requins" de Bruno Beauverger



Trailer: SharkWater

*Texte de Bruno Beauverger (Monde Bleu)*

Les requins génèrent bien souvent chez nous une angoisse indicible. Pour peu qu'il s'aventure un peu trop près des plages et celui-ci fait immédiatement la une des journaux télévisés sans pour autant affirmer s'il s'agit d'une espèce potentiellement dangereuse pour l'homme.
On savait les requins particulièrement vulnérables à la surpêche qui sévit partout dans le monde, mais rien ne vaut des chiffres pour prendre conscience de l'ampleur du désastre à venir. Dans 100 ans, nos générations futures pourraient fort bien se contenter de regarder certaines espèces de requins derrière le hublot d'un aquarium à défaut de les rencontrer en pleine eau.

Je vous laisse imaginer ce qui se cache derrière ces chiffres.

- 100 000 000.
- 800 000.
- 50 %.
- 470.
- 500 $.
- 75 000 $.
- 25 000 000.

Ces chiffres sont effarants et préoccupants (vous le verrez un peu plus loin), surtout pour l'avenir des populations de requin dont certaines espèces comme les requins taupes ont disparu à 90 %, c'est une certitude scientifique maintenant. Les moratoires sur la pêche aux requins se succèdent, des espèces sont inscrites sur des listes rouges d'espèces en danger ou voie de disparition comme le Grand Blanc, mais des pays continuent ouvertement la surpêche des requins. En contre partie, la rétribution perçue du commerce des ailerons est en effet considérable pour des pays pauvres la plupart. C'est la conséquence de l'industrialisation de la pêche depuis les 30 dernières années et d'une forte demande sur le requin à partir des années 90. Le pillage des océans se réalise à grandes échelles et tranquillement sous nos yeux. Le requin est en situation de crise mais ceci est à replacer globalement dans le contexte de la raréfaction des ressources halieutiques plus préoccupant pour l'homme à long terme. Ces pays pauvres qui entrent dans l'engrenage du commerce des ailerons seront les premiers à en pâtir.

L'eldorado est éphémère !

Le constat est alarmant et si rien n'est fait concrètement sur le terrain, les grandes populations de requins risquent fort bien de disparaître au courant de ce siècle.Que faire me direz vous ? Les pouvoirs publics occidentaux ont un rôle fondamental à jouer dans la régulation de ces espèces marines mais à la seule condition de s'en donner les moyens.
Car il faut aussi savoir que parmi les dix principaux pays pêcheurs de requins, quatre sont européens : l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Portugal.

Des solutions ?

Les activités suivantes ont une incidence particulière sur la population décroissante des requins :

----------La pêche sportive ou commerciale.
Il arrive que des campagnes sont menées pour tuer les grands blancs, souvent suite à des attaques, mais aussi lorsque celui-ci gêne la pêche. Il faut savoir aussi qu'ils sont chassés pour leurs dents, leurs mâchoires ou encore leurs ailerons.

----------Le déclin de l'abondance des proies.
L'homme pêche de plus en plus en grande quantité et avec des moyens plus performants mais plus dévastateurs aussi pour la faune océanique. Les requins doivent faire de plus en plus de chemin pour trouver leurs proies, et ont plus de risques de se prendre dans des filets ou de longues lignes.

----------La pose de filets de protection des plages.
Une fois pris dans un filet, le requin n'a plus beaucoup de chance, par exemple, il ne faut pas oublier que le grand requin blanc doit impérativement se déplacer à 3,5 km/h pour donner l'oxygène nécessaire pour vivre.

----------La dégradation de l'habitat.
On suppose que la croissance de population humaine sur les côtes entraîne la dégradation d'importants lieux de reproduction et d'alimentation de l'espèce.

Les réponses aux chiffres, maintenant :
- 100 000 000, c'est le nombre de requins pêchés estimé chaque année.- 800 000 tonnes, ce que représente le commerce mondial des ailerons chaque année, principalement à destination des pays asiatiques qui ont fait exploser la demande, très friand de la soupe d'aileron.
- 50 %, correspond au déclin des populations de requins dans le monde au cours des 8 à 15 dernières années.
- 470, le nombre d'espèces de requin concerné par ce déclin.
- 500 $, c'est la somme astronomique pour 1 kilo d'aileron sur le marché asiatique.
- 75 000 $, le prix estimé pour une magnifique mâchoire de requin.
- 25 000 000, le nombre potentiel de chinois qui aspire à manger de la soupe d'ailerons.

Le requin suscite la crainte, la peur, parfois l'émotion au tournant d'une rencontre qu'il est vrai à dire il ne laisse jamais indifférent. Il reste tout de même l'un des plus grands prédateurs des océans et pourtant forcé de constater que même cet animal au physique acéré est sérieusement menacé. Ces indices qui témoignent d'un déclin important des populations de requins doivent impérativement faire réagir nos organisations internationales. Aujourd'hui, elles n'affirment aucune volonté de protéger certaines espèces en déclin dangereux pour leur reproduction comme le Grand requin blanc notamment cité parmi les 10 animaux les plus menacés de la planète, toutes espèces terrestres et marines confondues. Seules cinq espèces sont qualifiées de dangereuses compte tenu de leur taille et de leur régime alimentaire : le requin tigre (Galeocerdo cuvieri), le requin blanc (Carcharodon carcharias), le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) le requin mako (Isurus oxyrinchus) et le requin longimane (Carcharhinus longimanus Enfin sachez que pour un requin tigre capturé, il faut en moyenne 20 ans pour qu'un autre le remplace avec le même statut (taille, âge) !

Les initiatives de certains pays à saluer:

L'Afrique du Sud a été le premier pays à établir une protection nationale du grand requin blanc en interdisant de le tuer intentionnellement ou de le vendre. La Namibie a suivi en 1993, la Californie en 1994 suivie par la Floride et aux Maldives.
En 1997, l'Australie a classé le grand blanc comme vulnérable en application de la loi sur la protection des espèces menacées. Il est classé vulnérable aussi au titre de la législation sur les espèces menacées de Nouvelle-Galles du Sud, de Tasmanie et de Victoria.
La Nouvelle-Zélande interdit la pêche commerciale ciblée sur le requin blanc mais elle autorise la vente de requins s'il s'agit de prises incidentes.L'Afrique du Sud travaille actuellement sur plusieurs projets de recherche dans certaines régions dans le but de mieux comprendre le taux de mortalité et la taille de la population du Grand Blanc.

Dernièrement, le gouvernement de Polynésie Française a enfin voté une loi pour protéger les requins de Tahiti et ses iles.
A l'origine, tout est parti d'une pétition lancée par l'association Longitude 181 suivie par les amoureux de lamer, clubs de plongée, associations... et adressée au président de la Polynésie Française.
Les Polynésiens, tirant une grande partie de leurs ressources du lagon et de l'océan, ont très vite côtoyé, reconnu et respecté les différents types de requins. Impressionnés par la pureté et lapuissance de cet animal, les anciens ont honoré et vénéré le requin, vu tour à tour comme un confident, un protecteur et parfois la réincarnation d'un être cher disparu en mer.

Une note positive tout de même!

Une équipe de scientifiques de Conservation International vient de découvrir 50 nouvelles espèces marines dans les réserves marines entourant la "tête d'oiseau" de Papouasie, qui est en fait l'extrémité Nord-Ouest de la Nouvelle Guinée.
Selon les chercheurs de cette organisation américaine, la région qu'ils ont explorée pourrait être la plus riche de la planète sur le plan de la biodiversité. Cette zone, plus vaste que la Grande barrière de corail d'Australie, héberge de très nombreuses espèces de poissons, de coraux, etc. dont certaines seraient endémiques et parmi lesquelles 52 nouvelles espèces ou sous-espèces exactement ont été identifiées.
Parmi celles-ci, une nouvelle espèce (ou sous-espèce) de requin chabot (épaulette shark en anglais) qui se déplace en "rampant" à l'aide de ses nageoires pectorales.

Le petit nombre de décès dus aux requins et leur caractère accidentel, entre 57 et 78 attaques de requin non provoquées par an (statistiques. ISAF entre 2000 et 2004) dans le monde entier. Dans les années 90, 12.7 % ont eu des conséquences mortelles contre 8.9 % de 2000 à 2004, cela ne légitime en rien la réputation de mangeur d'hommes. En résumé, la tendance est à une augmentation annuelle des attaques mais avec moins de conséquences mortelles.

Le massacre doit donc cesser.

19:09 Écrit par "aGua" dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, requin, video, creature aquatique |  Facebook |